jeudi 4 février 2010

INTERVIEW D'UNE ANIMATRICE

Présentez-vous à nos lecteurs.
Je m’appelle Régina Sagna. J’ai 28 ans. Je suis animatrice depuis près de sept ans. En plus de diriger une association de soutien des personnes handicapées je suis animatrice pour le compte de l’Association SOS/JD depuis 2007.

Comment êtes-vous venu dans l’Association SOS/JD?

Il faut dire qu’en 2006, j’étais en rapport avec l’AFAFSI. Célestin Compaoré , le coordonateur de SOS/JD entreprenait d’élargir les activités de sa structure au profit de la ville de Kantchari. C’est ainsi que j’ai été recommandé à lui par Madame Boyarm de l’AFAFSI. Quand Célestin est venu à Kantchari pour débuter les actions de SOS/JD ici, je peux dire que j’ai participé au recrutement des animateurs, technicien de laboratoire et conseillers pour la campagne de dépistage. C’est au vu de mon engagement que le Coordonateur National m’a renouvelé sa confiance et depuis maintenant trois ans l’aventure continue ici dans la lutte contre le VIH/Sida et les infections sexuellement transmissibles.

Rencontrez-vous des difficultés dans vos activités associatives ?

Le milieu associatif n’est pas du tout facile. Surtout quand l’on interviens dans le milieu prostitutionnel on ne peut rien prévoir et des situations difficiles sont courantes : l’accueil parfois difficile, la diversité d’origines des filles qui ne facilitent pas le contact avec elles, la tension avec leurs clients, la barrière linguistique…
D’autres difficultés que nous rencontrons se situent au niveau de l’intervention des pairs éducateurs. Cela fait que je suis beaucoup sollicités car, ici, tout le monde n’a pas la même facilité d’intervention : expériences et formations obligent. Au niveau de la logistique nous déplorons l’insuffisance des boites à images, les difficultés de transport et le fait que nous ne disposons pas de budget pour continuer le travail tout le temps.

Cela fait pratiquement sept ans que vous intervenez dans le monde communautaire. Quelles sont vos souvenirs marquants?

Les souvenirs sont nombreux. Si je devais vous en raconter une ce serait ce que j’ai vécut à Tenkodogo. J’y étais pour une formation. A ma grande surprise, les travaux devaient se passer à l’étage. Je me disais que je ne pourrais pas prendre part à cause de mon handicap. Mais fort heureusement, le Directeur de l’hôtel où avait lieu la formation m’a dit qu’il y a songé. Grace donc à ce geste, j’ai pu participer à la formation comme tout le monde car on a mis à ma disposition un fauteuil roulant. Cela est un souvenir inoubliable pour moi.


Aujourd’hui, avec SOS/JD vous parvenez à de bons résultats. Que peut-on faire pour vous soutenir davantage dans vos activités ?

Franchement, le travail qui est abattu depuis Ouaga pour nous permettre de travailler ici est très appréciable et nous vous en remercions. Cependant nous avons des attentes. Nous voudrons arriver à nous réunir plus souvent, ici au siège de la section Kantchari. Donc nous pensons que l’on pourrait construire un local plus adapté afin de faciliter le suivi et la concertation avec les différents membres. En plus d’élargir nos capacités nous souhaitons intervenir dans des secteurs spécifiques pour compléter ce que nous abattons déjà comme travail. Nous voudrons par conséquent élargir nos activités sur les secteurs du planning familial, de la prise en charge des OEV et de PVVIH tout en nous réjouissons du projet en vue sur le paludisme avec le RAME dans le cadre du 8ème Round du fond Mondial.
Nous avons des difficultés matérielles que nous souhaiterons voir aplanies. Il s’agit de l’insuffisance des boites à image et des moyens de transport… Les personnes handicapées dont je suis la représentante souhaitent aussi le soutien de SOS pour des activités en synergie : prise en charge des spécificités des handicapés en matière de santé, lutte contre l’excision….

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire